Jeunesse, Famille et Formation
Anthonore Christensen voit le jour le 5 juillet 1849 à Copenhague, au Danemark. Elle naît au sein d'un foyer où l'art est une langue fondamentale. Sa mère, la peintre Eleonora Tscherning, et son père, l'officier d'armée et homme politique Anton Frederik Tscherning, lui offrent un socle mêlant discipline et créativité. Cette lignée artistique s'étend jusqu'à sa sœur, Sara Ulrik, qui s'engage elle aussi sur la voie de la peinture florale.
Sa formation débute sous l'égide d'Emma Thomsen, spécialiste des sujets floraux. Cet enseignement précoce façonne son approche technique du monde naturel. Par la suite, la transmission passe de relais à sa mère, Eleonora Tscherning. En 1869, les deux femmes voyagent ensemble, franchissant les frontières pour étudier en Allemagne, en Italie et à Paris. Ces excursions transportent son apprentissage au-delà des limites d'un atelier, pour le plonger dans la lumière de l'Europe.
Carrière Artistique et Œuvres Majeures
Les salles d'exposition de Charlottenborg offrent un premier aperçu de son talent. En 1867, elle commence à exposer sous son nom de jeune fille, attirant immédiatement l'attention par ses compositions fraîches et méticuleusement présentées. L'élan est rapide. Dès l'année suivante, la Collection Royale de Peinture fait l'acquisition de Voxende Anemoner, tidligt Foraar (Anémones en croissance, début du printemps), marquant ainsi son entrée sur la scène de l' art danois.
Son regard évolue au rythme des changements de sa vie. Après son mariage et un séjour de deux ans en Italie, ses toiles reflètent une maturité nouvelle. La flore du sud commence à poindre dans ses œuvres, apportant une lumière et des formes inédites à ses natures mortes. Cette évolution lui vaut une reconnaissance significative au sein de la communauté de l' art danois. En 1887, elle reçoit le prix Neuhausen pour Et Kurvelaag med afskaarne Roser (Un panier de fleurs avec des roses coupées). Cet élan se poursuit jusqu'en 1893, année où elle est décorée de la médaille de l'année.
Au-delà de sa propre pratique, elle s'impose comme une enseignante de renom. Sa maîtrise technique attire des élèves de haut rang, notamment la reine Louise et la reine Olga de Grèce. Elle maintient cette présence professionnelle jusqu'au tournant du siècle, jetant un pont entre le XIXe et le XXe siècle grâce à ses études botaniques spécialisées.
Dernières Années et Décès
Le 4 octobre 1871, Anthonore Christensen épouse le philologue classique Richard Christensen. Cette union entraîne le couple hors du Danemark pour une période de deux ans en Italie. Ce temps passé à l'étranger transforme l'orientation de son travail, la flore méridionale commençant à influencer ses compositions. Le mariage demeure un pilier de sa vie jusqu'au décès de Richard, survenu dans un accident cinq ans plus tard.
Les dernières années de son existence la voient établie comme une figure majeure de la scène de l' art danois, tout en conservant son dévouement au monde botanique. Son héritage perdure à travers son fils, Axel Anthon, qui deviendra bibliothécaire et historien des mathématiques. Anthonore Christensen s'éteint le 27 août 1926 à Hørsholm. Elle repose au cimetière de Holmen.